
Le 30 septembre 2026, le conseil municipal de Carquefou a adopté la convention de partenariat avec CDC Biodiversité concernant la restauration écologique du Bois-Saint-Lys. Cette convention engage la commune pour 33 ans dans le cadre d'un dispositif de compensation environnementale. Les groupes d'opposition, dont le groupe Carquefou autrement, ont voté contre. Une élue de la majorité s'est abstenue.
Un projet découvert durant l'été sans information
Courant juillet 2026, la Ville de Carquefou a lancé un Appel à Manifestation d'Intérêt (AMI) gérer les étangs du Bois-Saint-Lys sur une durée de 35 ans. Son objectif : identifier un opérateur capable de restaurer les étangs du Bois-Saint-Lys. Une seule candidature est finalement déposée, celle de CDC Biodiversité.
À cette époque, la Ville de Carquefou n'a pas communiqué sur ce projet.
Les élus de Carquefou autrement découvrent alors l'AMI et publie un premier post sur les réseaux sociaux pour alerter sur plusieurs interrogations : durée exceptionnelle de la convention, devenir des usages actuels, transformations possibles du site et absence d'informations détaillées sur le projet.
Un courrier est également adressé à Florence Daubrée, adjointe à l'environnement, afin d'obtenir des précisions. Les réponses restent limitées.
Dans son courrier de réponse du 28 août aux élus de Carquefou autrement, l'adjointe revient à notre demande sur la chronologie du projet. Il est indiqué que :
Cette contradiction a profondément fragilisé la confiance dans la conduite du dossier.
Fin août, le projet est révélé dans la presse et le site de la préfecture
Le 28 août 2026, Ouest-France révèle l'existence du projet et précise que la restauration du Bois-Saint-Lys servira notamment à compenser plusieurs opérations d'aménagement, dont le futur Centre de rétention administrative (CRA) de Nantes.
Parallèlement, les documents déposés dans le cadre des procédures administratives deviennent accessibles sur les sites institutionnels. De nombreux habitants découvrent alors l'ampleur des transformations envisagées.
La question n'est plus seulement celle de la restauration des étangs. Elle devient aussi celle du mécanisme de compensation environnementale.
Concrètement, lorsqu'un projet détruit un milieu naturel, la réglementation impose la mise en œuvre d'actions de restauration ailleurs. Dans le cas présent, les mesures réalisées à Carquefou doivent notamment compenser les destructions environnementales liées au CRA. Parmi elles figure le déboisement réalisé au Champ de Manœuvre pour permettre l'implantation du projet.
Pour notre groupe, c'est un point majeur du débat : restaurer le Bois-Saint-Lys ne doit pas conduire à occulter ce qui est détruit ailleurs.

Focus : que contient le projet de restauration des étangs ?
Ce projet est une véritable transformation profonde du site. Ci-dessous, retrouvez l'esquisse du projet voté lors du conseil municipal du 30 septembre.

Face à ces révélations, les riverains se mobilisent.
Les riverains se mobilisent
À partir de septembre, le dossier change d'échelle. Face à la découverte du projet dans la presse et sur le site de la préfecture, des habitants créent un collectif. Un site internet est mis en ligne. Des dizaines de courriels sont adressés aux élus.
Des analyses techniques sont produites.
Suite aux questionnements des riverains, la Ville de Carquefou organise une réunion publique d'information le 23 septembre.
Les habitants ne contestent pas majoritairement la nécessité d'agir sur le site. En revanche, ils demandent davantage d'informations, des études préalables et surtout le report du vote.
Les questions portent sur les risques hydrauliques, les nuisances de chantier, le maintien des cheminements, l'avenir des activités de pêche, les protections acoustiques ou encore les conséquences d'un engagement de 33 ans.
Beaucoup repartent avec le sentiment que les réponses seront apportées plus tard, notamment lors d'une réunion prévue le 12 octobre... soit après le vote du conseil municipal.
Carquefou autrement demande le report du vote, conformément à la demande des riverains
Le 30 septembre, le débat dure près d'une heure devant une quarantaine de riverains. Les groupes d'opposition ne contestent pas la nécessité de restaurer le Bois-Saint-Lys et le Charbonneau.
Les élus de Carquefou autrement ont évoqué trois sujets.
D'abord la méthode. Comme l'a rappelé Marie-Annick MONNOT-MASA :
"C’est votre méthode qui produit elle-même la contestation, les oppositions et la colère. À force de confondre information et concertation, on finit par perdre la confiance de ses concitoyens"
Ensuite le contenu de la convention.
Pour Valérie PALMER, les garanties de la part de CDC Biodiversité restent insuffisantes :
Aucun engagement hydraulique précis. Aucune garantie sur les nuisances sonores. Aucune garantie sur les usages futurs. Tout est renvoyé à des études ou à des discussions futures. [...] Pire encore, elle [la convention] autorise le partenaire à modifier le périmètre du projet, sans que soit sollicitée la collectivité.
Enfin la responsabilité politique.
Dans son intervention de clôture, Jéromine DA PRAT rappelle qu'un élu doit assumer les conséquences de ses choix, y compris lorsqu'elles se produisent ailleurs sur le territoire :
« Lorsqu'on accepte une compensation, il faut aussi regarder ce qu'elle vient compenser. »
Nous sommes convaincus que la majorité municipale disposait d'une porte de sortie honorable sans remettre en cause le fond du projet : reporter le vote, concerter les habitants et ensuite proposer un projet en accord avec les habitants.
La majorité a refusé le report du vote. Nous le regrettons. Faire autrement était possible.
L'équipe demeure mobilisée sur ce dossier (recherches documentaires, réponse aux sollicitations des riverains ...).
Lien vers le site du collectif Bois-Saint-Lys ainsi que l'ensemble des documents disponibles sur le projet : https://bois-saint-lys-cadre-de-vie.com/
Article publiée le 16 octobre 2026.